Alexandre Sortais, « Head of Professional Services » chez Diapason et Laurent Sarrat, CEO et co-fondateur de Sis ID se sont prêtés au jeu de l’interview croisée. Ensemble, ils partagent leur expérience et reviennent sur les problématiques rencontrées dans le cycle de trésorerie.

Quelles sont les problématiques des trésoriers dans leur gestion des paiements ?

Alexandre : Le champ d’action des trésoriers dans ce domaine est bien délimité : il s’agit de traiter les paiements des fournisseurs, les salaires ainsi que les paiements spécialisés ou « high value payments », en cas d’acquisition importante par exemple. Les trésoriers ont l’habitude de gérer des campagnes sensibles, comme l’émission sécurisée des ordres de virements de salaires. Le moindre retard sur l’un de ces flux peut entraîner des conséquences très lourdes, sur les plans opérationnels, financiers et même en termes de relations sociales. Les trésoriers font cependant face à une situation où les campagnes de paiements doivent être traitées de plus en plus rapidement, avec des cycles qui raccourcissent. Cette pression engendre un risque opérationnel accru et leur impose de revoir, au minimum, leurs modes opératoires. De plus, le bouleversement des modalités d’organisation imposé par les aléas sanitaires est venu perturber le quotidien de cette fonction.

Laurent : L’une des problématiques majeures de nos clients est la sécurisation de leurs coordonnées bancaires au moment du paiement. Au sein d’une entreprise, le trésorier est un point de concentration : les transactions de paiement, les différents outils utilisés comme les ERP ou les outils de gestion de la trésorerie, tous ces canaux sont concentrés autour de lui. Il va également valider la véracité des transactions qu’il effectue au nom de son entreprise. Notre solution va l’assister dans sa vérification des coordonnées bancaires.

Quels sont leurs enjeux ?

Alexandre : Dans un tel contexte, le risque de fraude et de cybercriminalité est sensiblement accru. Ainsi, la période actuelle caractérisée par un usage plus important du télétravail est notamment propice aux tentatives de fraude aux faux ordres de virement international (FOVI) ou « arnaques au président ». L’ingéniosité des malfaiteurs est sans limite et la technique des fraudeurs se professionnalise. Une vigilance de tous les acteurs de la chaine de paiements est nécessaire et l’utilisation de solutions spécialisées pour contrer ces pratiques devient un impératif.

Laurent : Les trésoriers vont avoir plusieurs enjeux majeurs :

– Un enjeu de temps réel : dans les outils de trésorerie, certains paiements passent en fin de journée ou subissent des cut-off pour être transmis à la banque.
– Un enjeu de performance : le processus suivi par les trésoriers ne doit pas souffrir d’un ralentissement à cause d’un nouvel outil.
– Un enjeu de cohérence : entre les fournisseurs et les entreprises, le trésorier a de nombreux interlocuteurs en amont de la chaîne Purchase-to-Pay, ce qui rend la vérification des données difficile.
– Un enjeu humain : les trésoriers ont aujourd’hui la responsabilité du dernier contrôle avant paiement. Ils sont le dernier rempart avant la fraude. L’erreur pouvant être lourde de conséquence, tant sur le plan financier qu’humain, c’est sur eux que repose cette responsabilité.

Comment vos offres peuvent-elles répondre à ces enjeux ?

Alexandre : La chaîne de sécurisation repose sur plusieurs maillons et la force de cette chaine dépend de son maillon le plus faible. D’abord, notre solution Diapason permet de mettre en place des pouvoirs bancaires directement reliés aux processus de signatures. Ainsi, les droits et responsabilités sont matérialisés dans le même système que celui qui pilote les validations, en fonction des natures de flux et des montants des remises. Par ailleurs, les systèmes d’identification ont fortement évolué ces dernières années et des standards se dessinent. Au travers de notre offre, mettre en place un système d’authentification multi-facteurs pour les flux sensibles se réalise et s’administre simplement. En complément, un module d’alerte sur les comportements atypiques et paiements sortant potentiellement du cadre sécurisé complète le dispositif. Enfin, une connectivité directe via API (interfaces de programmation) avec notre partenaire Sis ID permet aux trésoriers de contrôler de manière dynamique l’identité des tiers et de leurs coordonnées bancaires.

Laurent : Nous répondons à une problématique qui nous tient à cœur depuis le début des aventures Sis ID : l’intégration de notre solution à l’écosystème de nos clients. Avec Diapason, l’objectif est de leur simplifier la vie en leur proposant des outils intégrés à leur environnement sans perte de performance. Nous n’ajoutons pas d’outils supplémentaires pour lesquels ils devraient former leurs utilisateurs.

Pourquoi cette collaboration entre Sis ID et Diapason ?

Alexandre : L’intégration des offres Diapason et Sis ID permet de disposer de contrôles parfaitement complémentaires. Par exemple des paiements opérés en dehors des heures normalement ouvrées, ou un premier paiement réalisé sur un nouveau compte bénéficiaire seront identifiés dans le tableau de bord de suivi de Diapason comme « à vérifier ». Les statuts résultant de l’analyse opérée par Sis ID sont également présentés à l’opérateur, directement dans le même tableau de bord, l’opérateur disposant ainsi d’une vision à 360° de toutes les caractéristiques du paiement et du tiers bénéficiaire.
En combinant les deux solutions, les trésoriers peuvent se concentrer en toute sécurité sur leur cœur de métier. Ils bénéficient de contrôles automatisés et spécialisés, au sein de leur environnement intégré de travail du quotidien.

Laurent : Diapason est un acteur de référence dans le monde de la trésorerie. Nous avons rencontré leurs équipes lors des Journées de l’AFTE d’il y a quelques années. Notre collaboration a été portée par nos clients communs et notre histoire commune. Nous avons mis en place ensemble ce projet d’intégration pour simplifier le quotidien de nos clients.